Législatives : questions de l’IEJ de Paris à Gauthier Bouchet
Questions recueillies par Johanna Gutkind, de l’Ecole de journalisme de Paris, auprès de Gauthier Bouchet, responsable de la communication au Front national de la jeunesse (FNJ)
Après les 17,90 % aux présidentielles du Front national, il y a fort à parier que beaucoup de circonscriptions seront concernées par des triangulaires. Les résultats s’annoncent beaucoup plus importants qu’aux élections de 2007, où Jean-Marie Le Pen n’avait récolté que 4,3 % des voix. La question est de savoir combien de circonscriptions passeront dans l’ère du bleu Marine. Pensez vous garder votre place de « troisième homme, acquise » pendant les présidentielles, aux élections législatives ?
La position de Marine Le Pen est que l’UMP est devenu le parti des perdants. Le fait qu’il n’y ait plus réellement de droite forte, et que les études d’opinion nous placent, pour ces élections, dans un étiage entre 15 et 18 % des intentions de vote, nous laissant entendre qu’il n’y aura pas de différence majeure entre le score des présidentielles et des législatives. En 2002 et 2007, cette différence était à chaque fois de plus de six points, ce qui nous pénalisait aux élections législatives.
Ce faisant, l’UMP étant affaiblie, et sans doute durablement, une cohabitation étant peu probable, sans parler de son problème de leadership interne (tiraillée qu’elle sera, à l’avenir, entre Copé et Fillon), nous prétendons certes incarner la troisième force politique en France, comme cela fut le cas aux élections présidentielles, mais surtout, les premiers opposants. Nous sommes, à ce titre, une opposition nationale, par opposition à une fausse opposition UMP, dont nous voyons bien la collusion avec le PS.
Dans les circonscriptions où vous ne serez pas présents au seconnd tour, appellerez vous à voter UMP ?
Nous verrons « au cas par cas ». Fondamentalement, l’UMP et le FN ont des positions idéologiques très distinctes, donc inconciliables, ce qui frappe théoriquement d’interdiction toute alliance ; parce qu’elle serait intenable sur le plan doctrinal (car malhonnête, intellectuellement), en plus d’être probablement défavorable pour Marine Le Pen et le Front national, qui n’existeraient alors plus dans la spécificité de leurs discours, unique dans le paysage politique français.
Selon Marine Le Pen, ce qui distingue désormais le FN de l’UMP n’est plus, comme cela pu l’être jusqu’aux années 1990, une différence de degré, mais une véritable différence de nature au fur et à mesure de l’orientation ultra-libérale, euro-fédéraliste et immigrationiste « de fait » – en dépit de discours « musclés », prétendument – prise par l’UMP ces dernières années.
Il ne nous est donc pas possible d’appeler à voter, au plan national, pour les cadres principaux de l’UMP. Reste à savoir si des militants et cadres de terrain, plus sincères que leurs chefs, accepteraient de se rallier au Rassemblement Bleu Marine, en quittant l’UMP, non sans avoir dénoncé l’immigration telle qu’elle est actuellement pratiquée, le fédéralisme européen et les excès de la mondialisation libérale.
Nicolas Dupont-Aignan a partiellement initié cette démarche en 2007, en quittant l’UMP pour fonder son propre mouvement, Debout la République (DLR), avant d’être candidat à l’élection présidentielle cette année. A l’instant T, il représente presque 2 % de l’opinion, 650000 personnes, cette candidature est certes de témoignage, mais elle – et plus important, ce qu’elle représente en terme d’idées – n’a ni à être occultée, ni à être raillée. Les positions actuelles de Dupont-Aignan sur un certain nombre de sujets sont, de fait, si proches actuellement de celles de Marine Le Pen, que celle-ci le surnommait son « huitième porte-parole ». Si Dupont-Aignan peut faire ce premier pas, alors n’importe quel UMP sincère le peut.
Marine Le Pen a d’ailleurs déclaré qu’elle n’était « pas fermée » à une « entente » et à des « discussions », « au cas par cas ».
Précisément.
Ne pensez vous pas, que sa proposition, peut perdre l’électeur, qui peut y voir des ententes sans accord, des alliances obscures avec l’UMP ?
Il est certain que sur les médias laissent entendre – à dessein – que Marine Le Pen et son mouvement pourraient, à terme, s’allier avec l’UMP, ou du mois ses franges les plus droitières (ce qui revient d’ailleurs à affirmer que le FN serait à la droite de la droite ; ce qu’il récuse en ce sens qu’il ne se sent pas plus fédéraliste ou libéral que l’UMP, par exemple), beaucoup peuvent le croire, avec comme postulat de base « Si la télé le dit, c’est que c’est vrai. »
En réalité, Marine Le Pen est honnête et transparente quant à sa démarche, qui consiste à refuser toute alliance avec l’UMP et, significativement, ses dirigeants au niveau national, tout en n’insultant pas à l’avenir vis-à-vis de ces UMP locaux, cadres de terrain et députés désabusés – tout comme nous parlons également aux socialistes du même ordre, critiques de la social-démocratie Aubry-Hollande – qui pourraient nous rejoindre. Mais à la condition, toutefois, de remettre en question explicitement le fédéralisme européen, l’ultra-libéralisme et les politiques migratoires actuelles, tout en quittant tout aussi explicitement (c’est le minimum) l’UMP, ou le PS.
Outre mesure, l’UMP nous facilite quelque peu la tâche, malgré elle certainement, en refusant toute alliance avec le FN (ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, les intrigues de la Droite populaire pour laisser planer le doute), ce qui va tout à fait dans le sens de Marine Le Pen, qui elle-même ne veut pas de cette alliance où ni elle, ni le Front national, ni la France n’ont rien à gagner.
Gérard Longuet, a déclaré voir en Marine Le Pen un « interlocuteur possible » contrairement à son père. Pensez vous que c’est essentiellement grâce à elle, et le coup de jeune qu’elle a donné au parti, si le FN a fait un score historique ?
Il faudrait déjà contextualiser la déclaration de Gérard Longuet. Ancien militant de ce qui fut, pour le coup, l’authentique extrême droite (membre du groupuscule Occident), Longuet a cru pouvoir être le héraut désigné pour « parler », implicitement, à Marine Le Pen, à un moment où l’UMP jouait littéralement quitte ou double : durant l’entre-deux tours de la dernière campagne présidentielle, où la réélection de Nicolas Sarkozy était mal engagée. Selon moi, cet argument de Gérard Longuet n’est qu’un appel du pied, sans autre but qu’électoral, à une époque où les électeurs du FN étaient courtisés de tous, UMP en tête, Sarkozy pensant réitérer le « coup » de 2007 consistant à siphonner les voix du Front national.
Ensuite, il est particulier de croire que Jean-Marie Le Pen ne pouvait constituer un interlocuteur possible, à l’inverse de sa fille. Ce n’est pas parce que Le Pen père est peut-être plus « rond » ou « truculent » que la fille qu’il est moins politique ou moins sérieux. Dire que Jean-Marie Le Pen « ne voulait pas du pouvoir » est devenu au fil du temps un maronnier médiatique, mais pourquoi alors se présenter, soi-même ou son parti, à toutes les élections de la République depuis ces trente-cinq dernières années, et surtout à l’occasion de cinq présidentielles successives ? Dire que le père n’est pas un interlocuteur, mais que sa fille le devient, est infamant pour Jean-Marie Le Pen : c’est ne pas voir qu’au-delà du tribunicien et de l’imprécateur, soit ce qui est retenu par les médias, il y a avant tout, à notre sens, la préscience d’un homme d’État, soit ce qui sera retenu par l’Histoire, qui est seule juge, éminemment plus que tous les commentateurs… Jean-Marie Le Pen est de ces hommes, qui manquent au personnel politique français, et sa fille le devient de même. Conséquemment, il n’y a pas lieu de « hiérarchiser » ainsi ses interlocuteurs, à notre sens.
En présentant un frontiste dans chacune des 577 circonscriptions françaises et dans les 11 circonscriptions des Français à l’étranger, le FN a voulu montrer qu’il fallait désormais compter avec lui. Pouvez-vous, nous parler de la stratégie du FN pour gagner ces élections ?
Le Front national a toujours fonctionné ainsi, c’est-à-dire que nous nous présentons dans toutes les élections, avec des candidats partout (le maximum si possible).
Nous n’avons pas, me semble-t-il, de stratégie à proprement parler. Le tout est de rester conforme et sincère vis-à-vis de son message. Ce message est en l’occurrence, en grande partie, celui de notre programme présidentiel, car nous ne dissocions pas les deux élections en considérant que les législatives seraient destinées à la désignation de super-conseillers généraux ou d’assistants sociaux pour telle ou telle « clientèle » électorale. Les législatives sont faites – lapalissade… – pour élire des législateurs, qui représente l’ensemble du peuple de France.
Selon le Front national, les élections législatives sont une élection nationale comme une autre, d’où cette continuité logique entre les « fondamentaux » des programmes présidentiel et législatif : dénonciation de l’ « immigration-invasion » et de l’insécurité, priorité nationale dans l’emploi, le logement et les aides d’État, défense des services publics et du monde rural, promotion de la famille, du travail et de l’épargne, politique étrangère de troisième voie, désengagement de l’Union européenne et de l’euro, écologie de production, de consommation et de retraitement locaux, notamment.
Législatives : réunion publique à Nantes le 24 mai
Jeudi 24 mai, dans le cadre de la campagne des élections législatives, la fédération de Loire-Atlantique du Front national (FN) organise une réunion publique gratuite à la Manufacture des tabacs (10 boulevard de Stalingrad, à Nantes) à partir de 20 heures.
Vous pourrez y écouter notre invité, Gaétan Dirand, secrétaire fédéral du Front national du Maine-et-Loire, ainsi que les candidats du Rassemblement Bleu Marine aux élections législatives des 10 et 17 juin prochains, et vous entretenir avec eux.
Montrez à tous que vous soutenez nos candidats, en étant massivement présents.
Sur l’élection de François Hollande à la présidence de la République
Communiqué de presse de Gauthier Bouchet, responsable de la communication à la Direction nationale du Front national de la jeunesse (FNJ)
Les Français viennent d’élire, par 51,6 % des suffrages, François Hollande à la présidence de la République française. C’est le choix d’une majorité du peuple, de quelques dix-huit millions d’hommes et de femmes, celui du libre jeu de la démocratie. Ce choix doit être respecté.
Mais que l’on respecte ce choix, parce qu’il est celui, librement consenti, d’une majorité des nôtres, n’empêche pas de le commenter. S’il semble évident que le nouveau président élu vient de l’être grâce à une partie des six millions et demi de voix s’étant porté, deux semaines auparavant, sur la candidature de Marine Le Pen, nos électeurs ne doivent pour autant pas se laisser duper.
Aux électeurs de Marine Le Pen, si vous avez voté François Hollande, en jugeant que celui-ci pouvait représenter, somme toute, un président du moins-pire, préférant la contestation sur les bouts des lèvres de la « Finance » à l’horizon libéral assumé de l’UMP ; que vous l’ayez élu parce qu’ayant, avant tout, voulu sanctionné le quinquennat de Sarkozy ; que vous l’ayez, peut-être, choisi simplement sur le postulat qu’il serait, par quelque bonhommie naturelle, moins « bling-bling » et plus « présidentiel » que son désormais prédécesseur… que vous ayez voté « Hollande » pour ces raisons ou d’autres, participant à son élection, vous n’avez cependant rien à attendre de lui.
Hollande, pas davantage que Sarkozy, ne saurait prétendre, pas plus qu’à résoudre les problèmes de la France, ne serait-ce qu’à présider la France. Tenants du système « UMPS », la collusion tacite des idéaux et des programmes de l’UMP et du PS, sur l’autel de la mondialisation libérale, Sarkozy et Hollande sont les deux faces d’une même médaille : l’un ne vaut pas mieux que l’autre, et ce n’est rien d’autre, derrière l’ « alternance », que l’illusion du changement, qui se profile. Aucun des deux n’est autre chose qu’une marionnette des marchés financiers et du fédéralisme européen : les pouvoirs sont ailleurs, et Hollande, pas plus que Sarkozy, ne compte les faire revenir en France… avec d’ailleurs nos usines, notre excellence, nos savoirs-faire.
Au demeurant, nous pouvons nous féliciter qu’un des deux piliers de l’UMPS soit à terre. Nicolas Sarkozy annonce en somme son retrait de la vie politique, même s’il élude quelque peu sur la forme de ce retrait. Qu’il s’en aille… Et avec lui ses affidés. Que l’UMP et l’ex-Majorité présidentielle, que son « Comité de liaison » explosé, que ses alliés centristes éparpillés après l’échec des candidatures Borloo et Morin, partent également dans ses bagages, rassemblés à la hâte. Que l’Union qui n’est plus, se déchire comme l’entend entre Copé et Fillon. Que d’autres « Concorde » soient annulées. L’UMP en était-elle seulement garante, auprès des Français ?
Pour la grandeur de la France, il est inquiétant qu’un François Hollande, prochain président de la République, succède à une longue chaîne initiée par Louis-Napoléon Bonaparte, premier d’entre eux, en 1848. On mesurera la décadence de l’époque.
Quant à la simple gauche, on peut avoir de la peine qu’un Léon Gambetta ait tant peiné pour arracher son « grand ministère », alors que François Hollande a tant de facilités pour gagner sa petite présidence, tout vainqueur « médiatique » et « imposé » qu’il fut depuis un an.
Présidentielles : Gauthier Bouchet sur Eur@dioNantes et Prun’
Suite au premier tour des élections présidentielles, Gauthier Bouchet (Direction nationale du FNJ), est intervenu sur Prun’ et Eur@dioNantes.
Présidentielles : Marine Le Pen 3e avec 18 % des voix
Résultats définitifs du Ministère de l’Intérieur
Au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen, candidate à la présidence de la République, soutenue par le Front national (FN) et Souveraineté, Indépendance et Libertés (SIEL), obtient 17,9 % des suffrages exprimés, soit plus de 6,4 millions de voix.
Opération : Allons-y Marine !
Communiqué de presse
Opération : Allons-y Marine !
Paris, le 19 avril 2012
Nous lançons l’opération « Allons-y Marine ! ». Sur tous les réseaux sociaux, affichons ce visuel (ci-dessous), afin de montrer au système que les Français vont se mobiliser en masse pour amener Marine au second tour le 22 avril.
Ils vont se mobiliser pour aller voter pour Marine Le Pen afin d’adresser un message fort à toute la classe politique UMPS qui a trahi les Français depuis plus de trente ans, et pour porter la seule candidate patriote au pouvoir.
Alors, le 22 avril, avec Marine, pour la France et pour l’avenir : Allons-y !
Julien Rochedy
Président des Jeunes avec Marine (JAM)
Vote FN des jeunes : Marine Le Pen amplifie une constante historique et sociologique
Contribution de Gauthier Bouchet, responsable de la communication au Front national de la jeunesse (FNJ), au débat organisé sur le site Newsring : Marine Le Pen, candidate des jeunes ?
Selon une étude du CSA réalisée pour le site Internet du Monde (lemonde.fr), Marine Le Pen est, parmi les candidats à l’élection présidentielle française, celle recueillant le plus d’intentions de votes chez les 18-24 ans : 26 %. Suivent ensuite François Hollande (25 %) et Nicolas Sarkozy (17 %), en forte baisse parmi cette tranche d’âge, puis Jean-Luc Mélenchon (16 %) et François Bayrou (11 %).
Le fait que les jeunes votent massivement pour le candidat soutenu par le Front national (FN) à l’élection présidentielle se vérifie constamment, depuis le scrutin de 1988, où le mouvement politique alors présidé par Jean-Marie Le Pen se hisse à 15 % des suffrages, son premier score significatif.
Que les mass-medias feignent pour autant de régulièrement s’en étonner – voire de s’en offusquer – n’est qu’un signe parmi d’autres d’un jugement vis-à-vis du Front national qui confine trop facilement aux « clichés programmatiques » et aux maronniers, cependant qu’ils ne s’intéressent pas réellement à la nature réelle du FN : sa nature sociologique, notamment.
Parce qu’il n’est pas « hors-sol » mais fait de Françaises et de Français – quarante mille adhérents, des centaines de milliers de sympathisants et quelques dix millions d’électeurs potentiels – le Front national représente logiquement ces derniers, presque comme un calque parfait, dans la mesure où il prétend incarner la logique incontestable du bon sens populaire et national, face à l’illogisme et à la fuite en avant perpétuelle de toutes les dérégulations libérales, PS ou UMP. Ce que Marine Le Pen nomme, d’un seul tenant, le « Système UMPS ».
Il est donc, dans la France contemporaine, parmi son peuple, un électorat réceptif, historiquement, au message patriote et social du Front national, et que le Le Pen tribun et imprécateur des années 1980 a su révéler. Le Le Pen nouveau des années 2010, incarné par sa fille et successeur à la tête du FN, semble capitaliser et poursuivre la dynamique électorale créée par le président-fondateur du FN, en voulant en faire l’outil d’un programme de gouvernement crédible et exhaustif ; à charge pour ce dernier de permettre à la candidate d’accéder à la puissance publique dès le mois de mai prochain.
Si le « vote jeune » en faveur du Front national étonne les médias, il convient pourtant de relativiser son « effet de surprise » et de se demander pourquoi. La jeunesse de France et, globalement, les jeunesses occidentales, se satisfont-elles du monde dans lequel elles vivent ? Un faisceau d’indices aussi divers que la hausse des suicides, le taux d’échec en licence, la précarité sociale qui devient, de fait, précarité morale, à un âge où l’individu se structure dans le temps long, ont tout pour laisser entendre, intuitivement, l’inverse. Ce que les chiffres du chômage et du mal-logement, notamment, prouvent ensuite sans peine.
De manière tout à fait pragmatique, Marine Le Pen sait, dans cette campagne présidentielle, tant diriger que cadrer la « dynamique jeune » officielle autour de sa candidature, en laissant implicitement s’oublier le traditionnel Front national de la jeunesse (FNJ) au profit de la structure, explicitement présidentielle, des Jeunes avec Marine (JAM). Ceci quand, en comparaison, la campagne présidentielle de 2007 avait vu la cohabitation des deux structures ; le flou stratégique entre tentations du militantisme classique et quotidien et pragmatisme à fin politique du temps de campagne. Marine Le Pen a certainement raison, en terme d’efficacité politique, d’orienter (ou, du moins, de laisser orienter) « ses » jeunes, vers l’agit-prop sous forme de happenings médiatisés à dessein, et une présence massive dans les radios et sur les plateaux de télévision, bien loin de l’image traditionnelle et injuste faite des jeunes du FN, qui seraient incapables d’expliquer un programme qui les concernent pourtant souvent en priorité, se contentant d’être les « colleurs d’affiches ».
Un sondage tel que celui plaçant Marine Le Pen en tête du vote jeune pour l’élection présidentielle ouvre en tout cas largement le jeu pour cette élection, prouvant sans démagogie que l’optique d’un second tour incluant Le Pen demeure crédible. Ce, notamment, à la faveur d’un éventuel essoufflement du candidat en tête, Hollande ou Sarkozy, et en supposant tant que Marine Le Pen puisse remonter à son étiage maximal de mi-janvier, à 20-20,5 % des intentions de vote, et que la marge d’erreur de ces derniers soient en réalité en sa faveur (qu’il faille autrement dit « corriger » ces sondages à la hausse). Les plus jeunes des votants seraient alors le facteur décisif permettant la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection.
Réunion publique le 28 avril à Ancenis, avec Xavier Renaud
Présentation de la candidature de Xavier Renaud aux élections législatives dans la sixième circonscription, le 28 avril à Ancenis
Xavier Renaud, candidat du Rassemblement Bleu Marine aux élections législatives dans la sixième circonscription de Loire-Atlantique (Pays castelbriantais), et son suppléant, Joël Nicolas, organisent pour présenter leur candidature une réunion publique, samedi 28 avril 2012, à partir de 11 heures. Y sont conviés les militants et sympathisants de Marine Le Pen. Un verre de l’amitié viendra conclure cette réunion.
Samedi 28 avril 2012, à partir de 11 heures
Espace Corail, deuxième étage
30 place Francis Robert
ANCENIS
Argumentaire : La France UMPS est un vaste désert médical
Argumentaire sur la santé
La France de l’UMPS est un vaste désert médical
Par Alexandre Leboucher
Constat
Si l’inégalité d’accès aux soins et l’avancée du grand désert médical sont aujourd’hui une évidence et une vraie source d’angoisse pour nombre de nos compatriotes, cela ne doit pas occulter que la sous-médicalisation de la France n’est pas du tout réservée à la ruralité ou aux cités.
Cette sous-médicalisation de la France touche aujourd’hui tous les Français, qu’ils soient urbains ou ruraux. La surmédicalisation du littoral méditerranéen est un mythe qu’il faut déconstruire : les cabinets ne désemplissent jamais, il n’y a pas de créneaux vides dans les emplois du temps des médecins, et un rendez-vous avec un spécialiste se prépare plusieurs mois à l’avance… Certes, la densité de médecins par habitants est plus élevée, mais il faut prendre en compte le fait que les populations en questions sont globalement plus âgées, donc plus suivies et plus demandeuses de soins.
En réalité, la France toute entière est sous-médicalisée. Comment a-t-on pu en arriver là ? Petite rétrospective.
En 1971, le gouvernement Chaban-Delmas met en place en première année de médecine un concours régenté par le sacro-saint numerus clausus. Cela signifie que les ministères de l’enseignement supérieur et de la santé fixent chaque année un nombre « couperet » d’étudiants admissibles en deuxième année de médecine, et pas un seul de plus.
S’il a été intelligemment fixé à 8588 à sa création, les tentations de faire baisser ce numerus clausus étaient fortes, car on peut comprendre que moins de médecins signifie moins de dépenses de sécurité sociale. Jusqu’en 1992, gouvernements de gauche et droite se sont succédés et ont tous tranché drastiquement dans le numerus clausus au prix de la santé de la population, pour le ramener à 3500, soit presque deux fois et demie moins qu’à sa création.
Aujourd’hui, ce que la France paie très cher, c’est le prix de l’incompétence consternante du système UMPS à avoir une vision sur le long terme. Oserions-nous dire, même, l’amateurisme, car il était pourtant tellement évident de savoir que cela aller poser des problèmes de démographie médicale dix ans plus tard.
Dans l’urgence, le numerus clausus a été réévalué à la hausse dès que les premiers effets se sont fait sentir. Mais c’est beaucoup trop tard, le mal est fait : il existe chez les médecins un véritable trou générationnel dont nous souffrons aujourd’hui. Trou que nous essayons tant bien que mal de combler en recourant à l’immigration de médecins étrangers d’Europe de l’Est ou d’Afrique, sous-payés, qui maîtrisent parfois mal notre langue, et formés dans des pays où la qualité des diplômes laisse parfois à désirer.
Le numerus clausus est actuellement de 7500, soit toujours moins qu’en 1971, et il n’évolue plus depuis quelques années : cela n’est pas assez. Une fois de plus, l’UMPS est incapable d’anticiper l’avenir, comprendre que notre démographie augmente (forte natalité, l’espérance de vie augmente) et donc que le nombre de médecins doit naturellement suivre.
Propositions
Notre pays est malade de sous-médicalisation, notre pays est malade de l’UMPS. A ses côtés, les Jeunes Avec Marine formulent des propositions dans l’intérêt des Français.
- Desserrement du numerus clausus, accompagné bien sûr d’une politique volontariste de conquête de nouveaux terrains de stage (pour que cela ne se fasse pas au détriment de la formation). La sélection des étudiants en médecine par le concours n’est pas remise en question, bien qu’élargie, car elle est la seule garante de l’accession aux études de médecine par le mérite et le goût de l’effort, et non par le piston ou l’origine sociale. De nombreuses facultés mettent en place des systèmes de tutorat efficaces pour permettre aux élèves les plus défavorisés d’accéder à la deuxième année.
- Pour la ruralité, nous savons bien que si ces territoires ne sont pas attractifs pour les jeunes médecins, c’est parce qu’ils ne sont plus uniquement des « déserts médicaux » mais surtout des « déserts tout-court ». Nous rétablirons donc le droit aux services publics pour toutes les populations rurales. Nous privilégierons l’incitation des médecins à s’installer en zone sous-dotée plutôt que tomber dans la coercition liberticide et démagogique, car les jeunes médecins n’ont pas à payer pour l’UMPS. Pour cela, nous développerons des aides à l’installation, nous favoriserons le travail d’équipe pluridisciplinaire (réclamé aujourd’hui par les jeunes médecins) dans des structures de taille moyenne, plutôt que dans des méga-structures. Pour susciter des vocations et déconstruire les préjugés des étudiants, nous rendrons obligatoire la réalisation d’un stage de médecine générale dans la ruralité au cours du cursus.
- Pour les banlieues, le déficit d’installation est très largement dû au sentiment d’insécurité. Pour se protéger des violences faites aux médecins, les cabinets médicaux sont devenus de véritables bunkers, dans lesquels personne n’a envie d’exercer et chacun peut le comprendre. Nous mènerons une lutte sans concession contre les délinquants et les voyous. Notre République repartira à la reconquête des zones de non-droit. Mécaniquement, les médecins reviendront une fois que les banlieues seront apaisées.
Ne laissez plus jamais la France aux mains de personnes qui, non seulement d’être incapables de résoudre les problèmes, arrivent avec beaucoup plus de talent à les créer. Car la sous-médicalisation de notre pays n’est pas venue seule, elle a été engendrée par l’irresponsabilité de nos soi-disant « élites » (le terme serait pour le coup sérieusement à redéfinir). Et bien sûr, comme il est coûtume, ce ne sont pas eux qui payent le prix de leur propre incompétence mais le peuple français.
À Lyon, Marine Le Pen appelle à combattre le « fascisme doré »
Présidentielle 2012 — Compte-rendu d’étape, par Gauthier Bouchet
LYON — Jonathan, vingt-deux ans, militant FN du Maine-et-Loire, vient « faire une balade touristique également ». Mais s’il choisit de faire, avec trois autres camarades, quelques sept heures de route depuis Angers, pour rallier Lyon, c’est surtout que sa candidate de cœur et de conviction, Marine Le Pen, y passe pour l’un des derniers meetings de sa campagne présidentielle. Le jeune frontiste, en Fred Perry discret, les poignets agacés par le labeur manuel — il travaille depuis l’âge de dix-neuf ans — n’en est pas à son premier meeting loin de ses terres angevines : « J’ai fait le meeting de Bordeaux, en janvier. Quelque chose d’assez intense, deux amphis pleins. J’ai préféré voir Marine (Le Pen) que son père à Nantes, ce jour-là. Cette atmosphère, ça ne dure jamais que le temps d’une campagne, il faut savoir en profiter. » Jonathan apprécie beaucoup, au-delà du fait de voir sa championne sur scène, toujours suivie par mille cinq cents à trois mille partisans, ce « tour de France version frontiste », qui a déjà failli le mener aux meetings de Metz et de Strasbourg, l’hiver dernier. Mais le manque de temps et d’argent en a décidé autrement. Pas les convictions, restées intactes, et même renforcées, depuis sa première adhésion au Front national, fin 2009, et son vote pour Marine Le Pen l’année suivante, pour le Congrès électif de Tours, sa première grande expérience militante.
Dans la capitale des Gaules, où arrive Jonathan et quelques trois mille autres militants et sympathisants FN, c’est logiquement Bruno Gollnisch qui introduit le discours de sa candidate. Cadre historique du Front national, ancien vice-président de ce dernier, et compétiteur de Marine Le Pen l’année précédente pour la présidence du mouvement, Gollnisch rappelle tout — mais brièvement, en cinq minutes d’intervention — de son passé d’élu local du Rhône. Celui qui est désormais candidat aux prochaines élections législatives dans le Var commence en effet sa vie politique en Rhône-Alpes, en 1986, année qui le voit être élu au conseil régional, et parmi les trente-cinq députés FN-RN d’une Assemblée nationale pour une fois proportionnelle. La première expérience sensible, en quelque sorte, de ce passé militant, fut vécue à quelques kilomètres de l’Amphi 3000 de Lyon, à cette même époque : Vaulx-en-Velin, que Bruno Gollnisch décrit comme « une des dernières enclaves soviétiques en France », se remémorant son combat de toute éternité contre le Parti communiste local, entamé par son bon score aux élections cantonales.
Immédiatement après Gollnisch, lui succède sa candidate, qui est aussi celle d’un public surchauffé et nombreux. Sarkozy et Hollande sont cités dès la première minute de discours — d’une durée d’une heure dix — en qualité de principaux concurrents, la présidente du FN se voyant clairement qualifiée au second tour de l’élection présidentielle, « au-delà des 20 % de suffrages ». Cependant, dans une sorte de jeu scénarisé, les médias lui opposent bien plus souvent la figure de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche. Pour Marine Le Pen, dans son discours de Lyon, Jean-Luc Mélenchon, apparaît comme « un idiot triplement utile ». Soit, « celui de François Hollande, celui de Nicolas Sarkozy, et celui des deux réunis ». La candidate soutenue par le Front national accuse par ailleurs Mélenchon de « tromper les électeurs pour les empêcher de voter contre le seul candidat anti-système » ; c’est-à-dire elle-même.
Les « clés de la France » ont été remises à d’autres. C’est la trame du message anti-oligarchique de Marine Le Pen à Lyon. Les grands groupes bancaires en seraient alors les bénéficiaires (Marine Le Pen cite JP Morgan, BNP Paribas…). L’euro ? Un « enfant conçu comme l’outil liberticide d’une Europe fédérale », au sujet duquel Marine Le Pen explique qu’on cherche à la bâillonner, lorsqu’elle veut faire œuvre de pédagogie vis-à-vis du peuple français : « Ca gène que je parle de l’euro, mais j’en parle. » Mais c’est la formule de « fascisme doré » qui retient le plus l’attention. Marine Le Pen décline ici un autre de ces fascismes à combattre, après le « fascisme vert » dénoncé au meeting de Bouguenais, le 25 mars précédent (soit le fondamentalisme musulman). Ce fascisme spécifique, celui de l’ « oligarchie bancaire », accuse un cartel restreint de banques d’affaires, lesquelles spéculent sur l’argent des Français. Marine Le Pen leur oppose logiquement le bon sens populaire des banques de dépôt et d’une épargne valorisée, dénonçant la baisse croissante des taux d’intérêts constatée sous la présidence Sarkozy, ces cinq dernières années.
Cadres ou quidams, l’audience jubile
Durant tout le meeting de Lyon, le public va tambouriner du pied. Six fois. En marge de l’Amphi 3000, après le meeting, Paul-Alexandre Martin, du Bureau des Jeunes avec Marine, ayant accompli toute la tournée de campagne depuis l’hiver dernier, ne sait « pas trop quand ça a commencé ». « Au meeting de Marseille, je crois. » (4 mars 2012), s’avance-t-il dans une conversation avec quelques jeunes militants. Le fait est que l’atmosphère des meetings a changé : le public y est de plus en plus réceptif et galvanisé, le discours de Marine Le Pen marque les esprits. Depuis les gradins, l’audience poursuit couramment les phrases de la candidate, parfois pour le meilleur, donnant une authenticité nouvelle à un discours qui, ce faisant, n’est pas forcément millimétré. Quand il exulte, le public frappe ainsi du pied, comme une forme plus généreuse d’applaudissements, d’approbation d’un discours qui – rareté dans cette campagne –tient plus à de la politique générale qu’à des explications techniques et abstraites, comme pour les autres candidats. Au meeting de Bouguenais, deux semaines plus tôt, le public tambourine deux fois de la sorte. Celui de Lyon est plus motivé encore, marquant du pied les grands moments du discours de Marine Le Pen ; ceux de son opposition, multiforme, au « Système UMPS », alliance tacite de l’UMP et des socialistes.
Anecdotiquement, même les cadres du Front national sont de ceux qui, ce dimanche, marquent leur soutien tant des applaudissements que du pied. Les quinze conseillers régionaux du Rhône-Alpes (dont Bruno Gollnisch est président de groupe) font bien sûr le déplacement, « à domicile », en quelque sorte. Mais les cadres nationaux se pressent également à Lyon, en qualité de conseillers politiques de la candidate : Guillaume Vouzellaud, Jean-Michel Dubois, Gaël Nofri et Thierry Gourlot, notamment. Comme le public, ils manifestent une même jubilation communicative lors du discours de Marine Le Pen, sans doute l’un des plus appréciés depuis ce début de campagne présidentielle.


























